Une grève ce 5 novembre 2026 se prépare déjà, trois semaines avant l'échéance. Ce jeudi-là, cinq syndicats appellent les salariés du public comme du privé, les jeunes et les retraités à faire grève et à manifester. À Paris comme dans les départements d'Île-de-France, de la Seine-Saint-Denis aux Yvelines, la journée pourrait toucher les transports, les écoles et les services publics. Nous faisons le point sur ce qui est connu au mercredi 14 octobre 2026.
Cette date s'inscrit dans un automne social chargé. Elle arrive après la grève de la fonction publique du 29 septembre, les blocus lycéens de la rentrée et l'appel à manifester du samedi 17 octobre, né sur les réseaux sociaux. Le 5 novembre, lui, n'a rien de spontané : c'est un rendez-vous fixé noir sur blanc par les grandes centrales syndicales.
L'appel vient d'une intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU. Leur communiqué commun, publié le 5 octobre 2026, présente ces organisations comme les « premières signataires ». D'autres syndicats pourraient donc s'y associer d'ici début novembre.
Voir la CFDT et la CGT signer le même texte n'a rien d'anodin. Les deux centrales n'ont pas toujours la même lecture des conflits sociaux, et leur alliance donne à cette journée un poids particulier, un peu comme deux voisins qui ne se parlent guère mais qui signent ensemble une pétition pour leur immeuble.
Le texte dénonce un « déclassement inédit » des salariés. Carburant, alimentation, loyers, énergie : tout augmente, selon les syndicats, sauf les salaires et les pensions. Ils reprochent au gouvernement un projet de budget 2027 qui gèle les prestations sociales et le salaire des fonctionnaires, tout en réduisant les moyens des services publics. D'après Économie Matin, ce projet prévoit 54 milliards d'euros d'économies.
L'intersyndicale formule sept revendications :
Le communiqué consacre un paragraphe aux lycéens et aux étudiants. Les syndicats jugent leur colère « légitime » et disent partager leurs revendications pour de meilleures conditions d'étude. Ils précisent toutefois agir « dans le respect de l'indépendance du mouvement lycéen ». Autrement dit, il s'agit d'un soutien, pas d'un appel commun : la présence des organisations lycéennes dans les cortèges du 5 novembre n'est pas annoncée à ce stade.
Le principe d'une manifestation est acté, mais le parcours parisien n'est pas encore connu. Il doit être déclaré auprès de la Préfecture de police, au plus tard trois jours francs avant la date. Les derniers grands cortèges sont souvent partis de l'est parisien, comme celui des lycéens et étudiants du 6 octobre, parti de la place de la République.
Lors de ces journées, la préfecture demande souvent à la RATP de fermer les stations de métro situées le long du trajet. Mieux vaut donc garder un œil sur le parcours officiel dès sa publication si vous devez traverser ces quartiers.
Il est encore trop tôt pour le dire. À notre connaissance, aucun préavis spécifique au 5 novembre n'a encore été rendu public à la RATP ou à la SNCF. La loi impose aux agents des transports de se déclarer grévistes 48 heures à l'avance. Les opérateurs publient ensuite leurs prévisions de trafic la veille, sur les sites de la RATP, de SNCF Connect et d'Île-de-France Mobilités.
Pour ne pas être pris de court, notre point trafic métro, RER et trains, mis à jour chaque jour, recense les fermetures de stations et les perturbations annoncées.
La journée tombe peu après la rentrée des vacances de la Toussaint, ce qui concerne directement les familles. Dans les écoles maternelles et élémentaires, les enseignants grévistes doivent se déclarer au moins 48 heures avant. Si au moins un quart des enseignants d'une école fait grève, la commune doit organiser un service minimum d'accueil. À Paris, les informations sont relayées par la Ville de Paris et par les écoles elles-mêmes.
Côté administrations, hôpitaux ou cantines, l'impact dépendra des préavis déposés par chaque fédération. Le plus sûr reste de vérifier la veille auprès de l'établissement concerné.
Le calendrier n'a rien d'un hasard. Début novembre, le projet de budget 2027 sera en pleine discussion au Parlement, et les syndicats comptent sur la rue pour peser sur les débats. Dans leur communiqué, ils « alertent solennellement » gouvernement et patronat sur une situation qu'ils jugent fragile. L'ampleur de la mobilisation, comparée aux 300 000 manifestants du 29 septembre selon les chiffres relayés par Économie Matin, donnera la mesure du rapport de force. En attendant, nos idées de sorties de la semaine vous aident à organiser vos journées à Paris, grève ou pas.
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