Manifestation du 31 octobre, à quoi s’attendre à Paris ? infos et parcours

Par My de Sortiraparis · Mis à jour le 28 octobre 2026 à 8h03
Une nouvelle manifestation se prépare à Paris le samedi 31 octobre 2026, jour d'Halloween. Emmanuel Macron annonce des cortèges éloignés des centres-villes pour préserver les commerces. Voici ce qu'il faut savoir.

Une manifestation le 31 octobre 2026 à Paris se prépare. La coordination des Gilets jaunes a lancé un appel à un « acte III » pour ce samedi, jour d'Halloween, avec un mot d'ordre recentré sur la défense des libertés publiques. Si cet appel est suivi, les rassemblements pourraient se tenir devant l'Assemblée nationale, dans le 7e arrondissement, ainsi que devant des mairies, y compris des mairies d'arrondissement parisiennes. Lundi 26 octobre, depuis Marseille, Emmanuel Macron a toutefois annoncé que les parcours des cortèges seraient tracés hors des centres-villes, afin de protéger les commerces.

Rien n'est acté pour autant. Mardi 27 octobre, la coordination a déposé en préfecture un parcours reliant Bastille à Concorde, en passant par République et Opéra, à rebours de la consigne présidentielle. À ce stade, la préfecture de police ne s'est pas encore prononcée, et le ministre de l'Intérieur annonce un dispositif de sécurité renforcé. Les lycéens, en vacances de la Toussaint jusqu'au 2 novembre, sont invités à se joindre au mouvement. On fait le point sur ce qui est annoncé et sur ce que cela pourrait changer pour vos déplacements ce week-end, quelques jours avant la grève du 5 novembre 2026.

Pourquoi Emmanuel Macron veut-il des cortèges hors du centre ?

Le président de la République a pris la parole ce lundi 26 octobre lors d'un déplacement à Marseille, l'une des villes les plus marquées par les dégradations du 17 octobre. Il y a annoncé que les tracés des manifestations du 31 octobre, puis du 5 novembre, seraient établis hors des centres-villes. L'objectif affiché est d'éviter de nouveaux pillages et de préserver les commerces, lors d'un samedi qu'il considère lui-même comme à risque.

Le chef de l'État s'appuie sur le précédent de samedi dernier. Le 24 octobre, la préfecture de police avait repoussé le cortège parisien en lisière de la capitale, entre la Porte d'Italie et la Porte de Vincennes. Pour Emmanuel Macron, ce dispositif a permis de tenir l'ordre sans priver quiconque du droit de manifester. Il a aussi rappelé l'existence d'un fonds pour soutenir financièrement les commerçants et artisans touchés.

À Paris, la consigne pourrait compliquer les rassemblements prévus devant l'Assemblée nationale, au cœur du 7e arrondissement. Les quartiers commerçants comme Châtelet-Les Halles, République ou Opéra devraient eux aussi être tenus à l'écart d'un éventuel cortège. Une stratégie qui fait débat, car elle éloigne aussi les revendications des regards. Elle se heurte surtout au tracé déposé mardi par les Gilets jaunes, qui vise justement le cœur de la capitale.

Que prévoit l'appel des Gilets jaunes pour le 31 octobre ?

L'appel a été lu le samedi 24 octobre sur les marches de l'Opéra Bastille, puis présenté à la presse place de la Bastille par deux membres de la coordination, Benjamin Ball et Azelma Sigaux, comme le rapporte Brut avec l'AFP. Le format envisagé serait différent : plutôt qu'un long cortège, le mouvement miserait sur des rassemblements fixes. Voici le programme proposé sur le site de la coordination, qui reste à ce stade un appel :

  • Vendredi 30 octobre : rassemblement casserolade devant l'Assemblée nationale de 18h à 21h, et casserolade à 19h partout en France (devant les mairies, aux fenêtres, dans la rue)
  • Samedi 31 octobre : rassemblements et sit-in à 14h devant l'Assemblée nationale, au départ ou à l'arrivée des cortèges, et devant les mairies là où il n'y a pas de cortège
  • Samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre : rencontre nationale du mouvement du 26 septembre, en visioconférence
  • Mardi 3 novembre : mobilisation lycéenne, premier temps fort après la rentrée
  • Jeudi 5 novembre : « 5 novembre du peuple », appel à la grève et au blocage reconductibles
  • Vendredi 6 novembre : grèves et blocages reconductibles
  • Samedi 7 novembre : acte IV « pour l'égalité réelle », manifestations partout en France

Dans la capitale, la carte participative des mobilisations fait déjà apparaître des sit-in envisagés devant plusieurs mairies d'arrondissement, notamment celles de Paris Centre et des 10e, 11e, 12e, 13e, 14e et 15e arrondissements. Cette carte est alimentée par les participants eux-mêmes : elle donne une tendance, pas un programme confirmé, et peut encore évoluer d'ici samedi. Nous avions déjà fait un premier point sur les secteurs et déplacements qui pourraient être concernés par l'acte III.

Pourquoi cet acte III parle-t-il de libertés ?

Le ton a changé en deux semaines. Le 17 octobre, la mobilisation visait d'abord la vie chère et le prix des carburants. Pour cet acte III, les Gilets jaunes dénoncent ce qu'ils qualifient de « dérive autoritaire » du gouvernement, après les interdictions de cortèges et les couvre-feux décidés dans plusieurs villes. Leur idée tient en une formule : manifester pour avoir le droit de manifester.

Dans leur texte, ils réclament la levée des couvre-feux, l'amnistie des manifestants interpellés, des enquêtes sur les violences attribuées aux forces de l'ordre et l'organisation d'états généraux réunissant tous les secteurs mobilisés. Ils appellent aussi à créer des « assemblées de convergence » rassemblant lycéens, étudiants, salariés, paysans et retraités. Sur le terrain juridique, l'association Adelico et le Syndicat de la magistrature ont saisi le Conseil d'État d'un référé-liberté le 22 octobre, contre les annonces présidentielles visant à restreindre certaines manifestations.

Ce virage s'explique aussi par l'épisode de samedi dernier, le 24 octobre. La préfecture de police avait imposé au dernier moment un parcours entre la Porte d'Italie et la Porte de Vincennes, en lisière de Paris, à la place du tracé Bastille-Nation accepté au départ. Les organisateurs ont fini par s'y plier après le rejet de leur recours en justice. Un scénario appelé à se répéter, puisque Emmanuel Macron souhaite étendre ce principe aux prochaines mobilisations : la préfecture peut encore encadrer, déplacer ou interdire les rassemblements prévus le 31. Pour revenir sur cette journée, notre article sur l'acte II du 24 octobre reste disponible.

Les lycéens seront-ils dans la rue le 31 octobre malgré la fin de Parcoursup ?

Le mouvement lycéen est l'autre moteur de cette contestation. Parti mi-septembre d'un lycée de Créteil, dans le Val-de-Marne, il s'est étendu à toute la France. L'Union syndicale lycéenne réclamait notamment la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées. L'état des bâtiments et les emplois du temps reviennent aussi souvent dans les revendications.

À Paris, les jeunes ont déjà battu le pavé à plusieurs reprises, lors de la manifestation lycéenne et étudiante du 6 octobre puis du cortège du 13 octobre au départ de la place d'Italie.

Les vacances n'ont pas mis le mouvement en pause. La Coordination nationale lycéenne, qui dit fédérer des lycées mobilisés dans 27 villes, a aussi manifesté ces 22 et 24 octobre. Les annonces du gouvernement n'ont pas éteint la colère : reçus à Matignon lundi, plusieurs représentants lycéens ont jugé les réponses insuffisantes et appellent à poursuivre la mobilisation ce samedi, selon franceinfo. Le syndicat SUD éducation invite aussi les personnels à soutenir les initiatives lycéennes et étudiantes ce jour-là.

Fin de Parcoursup : ce que le gouvernement a annoncé

Après une première rencontre avec Emmanuel Macron à l'Élysée le 23 octobre, les organisations lycéennes et étudiantes ont été reçues à Matignon lundi 26 octobre. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a alors acté la fin de Parcoursup. La plateforme doit céder la place à un nouveau système d'admission en 2028. D'ici là, la campagne 2027 passera par une version revue en profondeur, avec davantage de transparence sur les critères de sélection des formations.

Le successeur n'a pas encore de nom. Un comité de réforme réunissant lycéens, enseignants et ministres doit rendre ses conclusions d'ici fin novembre. Selon le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, certains changements passeront par une modification de la loi, comme le rapporte franceinfo. Un débat sans vote sur l'avenir de la plateforme est d'ailleurs prévu ce mercredi 28 octobre à l'Assemblée nationale. Calendrier, élèves concernés, nouvelles règles : on fait le point dans notre article sur la fin de Parcoursup et ce qui change en 2027 et 2028.

D'autres mesures accompagnent cette annonce. Le gouvernement prévoit 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur. À partir de la rentrée 2027, les classes de seconde seront aussi plafonnées à 28 élèves dans les lycées publics accueillant les élèves les moins favorisés. Les organisations de jeunesse réclament de leur côté 250 000 places.

Pourquoi les lycéens restent-ils mobilisés ?

Pour les représentants lycéens, ces annonces restent trop floues. Elles ne règlent pas, dans l'immédiat, la question des élèves sans affectation après le bac. Les terminales de cette année passeront d'ailleurs encore par Parcoursup en 2027. Le syndicat Renouveau lycéen revendique quelque 800 000 lycéens mobilisés lors de la journée de convergence avec les Gilets jaunes et les enseignants.

Encore en vacances samedi, une partie des lycéens pourrait rejoindre les rassemblements des Gilets jaunes, sans qu'on puisse anticiper leur nombre. Le regard se porte aussi sur la rentrée du lundi 2 novembre, puis sur le temps fort lycéen annoncé pour le mardi 3 novembre et sur la grève du 5 novembre.

Quel parcours les Gilets jaunes ont-ils déposé pour le 31 octobre ?

Mardi 27 octobre, la coordination a officiellement déclaré son itinéraire à la préfecture de police, selon Le Parisien. Les organisateurs veulent cette fois traverser le centre de Paris, avec l'Assemblée nationale en ligne de mire. Voici les étapes du parcours souhaité par les Gilets jaunes :

  • Départ : place de la Bastille
  • Boulevard Beaumarchais
  • Boulevard du Temple
  • Place de la République
  • Les Grands Boulevards
  • Place de l'Opéra
  • Place de la Madeleine
  • Rue Royale
  • Arrivée : place de la Concorde, avec l'Assemblée nationale comme destination annoncée

Ce tracé longe plusieurs quartiers commerçants très fréquentés, autour d'Opéra et de la Madeleine. C'est précisément ce que l'exécutif veut éviter. Lors des deux journées précédentes, la préfecture avait déjà refusé les itinéraires proposés. Le départ est prévu à 14h, selon franceinfo.

Cette fois, les organisateurs se disent prêts à aller au bout. David Libeskind, avocat de la coordination, prévient qu'en cas de refus, le mouvement portera plainte pour atteinte à la liberté de manifester ou saisira le tribunal administratif en référé, comme le rapporte France 3 Paris Île-de-France. Contactée mardi, la préfecture de police n'avait pas réagi.

Quelles perturbations pourrait-on voir à Paris samedi prochain ?

Le contexte reste sensible. Samedi dernier, 24 octobre, la mobilisation a réuni 410 000 manifestants en France selon le ministère de l'Intérieur, dont 110 000 à Paris, contre près de 800 000, dont 250 000 dans la capitale, selon la CGT, rapporte ICI. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état de près de 1 000 interpellations sur l'ensemble du territoire. À Paris, la préfecture de police a recensé 142 interpellations, dont 120 suivies d'une garde à vue. Une semaine plus tôt, le 17 octobre, la capitale avait connu 855 interpellations, sur fond de pillages dans le centre. Depuis, des couvre-feux nocturnes ont été instaurés autour de la place de la République et des Halles, avec des fermetures de stations le soir.

Pour ce samedi, le gouvernement s'attend à une nouvelle journée compliquée. Interrogé lundi sur BFMTV, Laurent Nuñez a annoncé un dispositif de sécurité extrêmement robuste, en rappelant que la soirée d'Halloween est traditionnellement agitée. Mardi, sur RTL, il a précisé que les moyens déployés seraient aussi importants que le 24 octobre.

Le parcours définitif reste lui aussi à confirmer. D'un côté, les Gilets jaunes ont déposé un tracé Bastille-Concorde. De l'autre, le président demande des cortèges hors des centres-villes. La préfecture de police devra trancher dans les prochains jours. Elle peut autoriser l'itinéraire, le modifier ou imposer un trajet en périphérie, comme le 24 octobre entre la Porte d'Italie et la Porte de Vincennes.

Côté transports, aucune fermeture n'est annoncée pour le moment. Le précédent du samedi 24 octobre invite toutefois à la prudence : à la demande de la préfecture de police, de nombreuses stations de métro ont été fermées dès 9h, notamment autour des Champs-Élysées, de l'Élysée, de l'Assemblée nationale, des ministères et du Sénat. La ligne 12 ne circulait plus entre Madeleine et Notre-Dame-des-Champs et plusieurs stations de la ligne 1 ont dû être mises à l'arrêt.

Si les rassemblements se confirment devant l'Assemblée nationale le 31, un dispositif comparable pourrait être reconduit. Des stations proches comme Assemblée nationale et Solférino (ligne 12), Invalides (lignes 8 et 13, RER C) ou Concorde (lignes 1, 8 et 12) pourraient alors être fermées pendant une partie de la journée. Si le parcours Bastille-Concorde était autorisé, des stations comme Bastille, République, Opéra ou Madeleine pourraient aussi être concernées.

Des restrictions de circulation sont également possibles. Le 24 octobre, le tramway T3 avait été interrompu sur une partie de son tracé et une quinzaine de lignes de bus déviées ou limitées. Samedi prochain, un périmètre de sécurité autour du Palais Bourbon pourrait entraîner la fermeture du quai d'Orsay, du pont de la Concorde ou d'une partie du boulevard Saint-Germain aux voitures, avec des déviations de bus et des interdictions de stationnement. La préfecture pourrait aussi interdire tout rassemblement dans certains secteurs, comme elle l'a fait ces derniers jours.

Ces mesures sont en général publiées la veille, voire le matin même. Nous vous conseillons de surveiller les arrêtés de la préfecture de police ainsi que l'info trafic de la RATP avant de vous déplacer samedi.

La date tombe aussi le soir d'Halloween, avec de nombreuses fêtes prévues dans la capitale. Si vous sortez, notre sélection des soirées d'Halloween 2026 à Paris et nos idées pour faire la fête sans réservation le 31 octobre vous aideront à garder un plan B loin d'éventuels rassemblements.

Et après le 31 octobre, pourquoi la grève du 5 novembre compte davantage ?

Dans l'esprit de ses organisateurs, l'acte III servirait de tremplin vers une date bien plus attendue : le jeudi 5 novembre. Ce jour-là, l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU) appelle à une grève interprofessionnelle pour les salaires, les pensions et les services publics. Là aussi, Emmanuel Macron a prévenu que les parcours seraient tenus hors des centres-villes.

La mobilisation s'annonce massive. Après une réunion à Matignon jugée sans résultat le 21 octobre, la CGT a appelé à généraliser la grève le 5 novembre, un mouvement suivi par la CFDT et par le Snes-FSU, premier syndicat des enseignants du second degré. Les principaux syndicats de la SNCF appellent eux aussi à cesser le travail ce jour-là. Les Gilets jaunes envisagent de s'y greffer avec un appel à la grève et au blocage reconductibles, avant un acte IV annoncé pour le samedi 7 novembre.

Transports, écoles, parcours parisien : on fait le point dans notre article consacré à la manifestation et grève du 5 novembre 2026. Contrairement à un samedi de sit-in, cette journée risque de peser nettement sur le quotidien des Franciliens.

Informations pratiques

Dates et Horaires
Le 31 octobre 2026

× Horaires indicatifs : pour confirmer l'ouverture, contactez l'établissement.

    Lieu

    35 Quai d'Orsay
    75007 Paris 7

    Calcul d'itinéraire

    Site officiel
    17octobregiletjaune.net

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