Live Report. Behemoth et Satyricon en concert à l’Olympia à Paris : on y était, on vous raconte

Par Caroline de Sortiraparis · Photos par Caroline de Sortiraparis · Mis à jour le 13 avril 2025 à 14h30 · Publié le 12 avril 2025 à 11h21
Ce vendredi 11 avril 2025, le black metal a fait trembler les murs de la mythique salle de l'Olympia à Paris à l'occasion du concert très attendu de Behemoth. Le groupe polonais était entouré pour l'occasion des Grecs de Rotting Christ et des Norvégiens de Satyricon. On y était et on vous raconte ce concert tonitruant aux allures de messe noire, porté par un Nergal en très grande forme.

Rares sont les soirées parisiennes dédiées au Black Metal, ce genre musical souvent catalogué et pointé du doigt. L’Olympia l’a fait et les fans ont répondu présents. Vendredi 11 avril 2025, la mythique salle parisienne était pleine à craquer. Les metalheads s’y étaient donné rendez-vous pour assister au concert très attendu de Behemoth, avec en invités spéciaux Rotting Christ et Satyricon.

Alors que le premier groupe était annoncé à 19h, la musique retentit finalement dès 18h40. Surpris, certains spectateurs qui patientaient sagement en se désaltérant près du bar se mettent alors à courir afin de rejoindre la salle rapidement. Nous les suivons et découvrons Rotting Christ, sur le point de terminer son premier morceau.

Avec un tel nom, le groupe formé par les frères Tolis n’a pas échappé aux polémiques et controverses. Malgré tout, Rotting Christ poursuit les tournées européennes près de 40 ans après sa formation. Et le groupe de black metal grec a envoyé du lourd ce vendredi soir pendant près de 45 minutes. Les frères Tolis ont réussi à embarquer avec eux une bonne partie du public et à créer un mosh pit bien survolté, grâce à des riffs lourds et rapides et des beats ultra puissants et maîtrisés. Mention spéciale pour l’impressionnant et dynamique bassiste Kostas "Spades" Heliotis, qui a rejoint Rotting Christ en 2019.

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Le changement de plateau est plutôt rapide. Satyricon débarque sur scène aux alentours de 19h45. Considéré comme l'un des pionniers du mouvement black metal norvégien, Satyricon peut compter sur une solide base de fans, fidèles depuis sa formation au début des années 90. Si Satyricon est officiellement un duo composé de Sigurd « Satyr » Wongraven et de Kjetil-Vidar « Frost » Haraldstad, ils sont bien plus nombreux en live. Ce vendredi soir, ils sont 6 à prendre place sur la scène de l’Olympia. Et il ne faut pas longtemps pour voir certains fans - bras levés et faisant le signe des cornes - slamer dans la fosse.

Avec sa voix puissante et grave, le charismatique chanteur Satyr attire tous les regards et s’impose comme un leader incontesté. Le chanteur et le batteur enchaînent les morceaux avec force et rage aux côtés des 4 autres musiciens, plus effacés. Ce vendredi soir, Satyricon - qui s’est souvenu de son premier concert parisien au Gibus - en a profité pour faire honneur à quelques bons vieux hits, dont « Now, Diabolical », « Walk the Path of Sorrow », « Mother North » sans oublier « K.I.N.G. » en guise de final, donnant lieu à de vifs applaudissements. 

Au bout d’une heure de set environ, les lumières se rallument. Un grand rideau blanc est alors déroulé, cachant désormais la scène. Il est 21h15 quand les lumières s’éteignent de nouveau. Et la salle de l’Olympia est désormais pleine à craquer. Les fans de Behemoth sont fin prêts pour le grand show. Et quel show ! Tonitruant, enflammé, transcendant... les mots nous manquent pour décrire ce set ultra soigné et profondément puissant, servi par un Adam Darski, alias Nergal, en grande forme !

Après une courte vidéo projetée sur le rideau, celui-ci tombe, laissant apparaître le quatuor et l’imposante scénographie. De part et d’autre de la scène, deux plateformes métalliques ont été installées, tandis que la batterie d’Inferno est surélevée, permettant à l’ensemble du public de l’admirer en pleine action. En fond de scène, on distingue un backdrop faisant honneur au visuel du prochain album, à paraître le 9 mai. Sur l’avant de la scène, on retrouve les incontournables imposants pieds de micro de Nergal, Seth et Orion.

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Si la scénographie est travaillée avec précision, l’imagerie du groupe l’est tout autant avec de très beaux costumes. Imposante coiffe, capuche, masque, mais aussi longue toge... Nergal changera de tenues à plusieurs reprises ce vendredi soir. On n’oublie pas son maquillage blanc sur le visage et le haut du torse, puis ses avant-bras peints en noir. Résultat ? On est bien loin de l'univers de Me and That Man, l’autre projet musical d’Adam Darski. Avec Behemoth, le chanteur et musicien polonais se métamorphose pour devenir Nergal, ce "dieu des Enfers et de la guerre". Et l’artiste incarne ce rôle de façon magistrale. Le concert prend d’ailleurs par moment un aspect théâtral, mais dans le bon sens du terme. Bras levés vers le ciel, semblant invoquer les ténèbres, Nergal impressionne.

D’une prestance dominatrice sur scène, le leader de Behemoth attaque fort le set avec le puissant « The Shadow Elite », extrait du prochain album. Et les effets pyrotechniques (flammes et CO²) ne tardent pas à surgir, sublimés par un jeu de lumière ultra soigné. Un régal pour les yeux et les oreilles !

Occupant incroyablement bien la scène et affichant une énergie folle, Nergal est en grande forme. Sa voix gutturale est toujours aussi puissante et impressionnante, donnant de la profondeur à chaque morceau. Côté setlist justement, Behemoth a offert un beau panel de sa discographie produite depuis 1995. De « Demigod » à « Wolves ov Siberia » en passant par « Ora Pro Nobis Lucifer » et « Ov Fire and the Void »... les fans jubilent à chaque morceau et chaque effet pyrotechnique, livrant une sensationnelle messe à la gloire de Behemoth.

Les musiciens continuent de faire le show, notamment lorsque Seth et Orion montent respectivement sur leur plateforme, pendant « Blow Your Trumpets Gabriel ». Et que dire de « The Shit ov God », titre du nouvel et 13e album ? Plus de 6 minutes de pure exaltation pour ce morceau déjà repris en chœur par des fans euphoriques. Behemoth n’oublie pas d’interpréter avec force et ferveur l’excellent « Bartzabel » ou encore « Chant for Eschaton 2000 », titre pendant lequel Nergal a désormais pris l’habitude de cracher du sang.

Le rythme est soutenu. Les riffs sont bien aiguisés et nous transpercent comme des flèches. Certains fans semblent être entrés en transe, tandis que les mosh pit et slams se multiplient, donnant du fil à retordre au personnel chargé de réceptionner les slameurs.

Nergal prend également le temps de s’adresser au public. Il se remémore volontiers son incroyable show à la Philharmonie de Paris en 2024. C’était d’ailleurs la première fois qu’un groupe de Blackened Death Metal investissait cette salle parisienne, plutôt habituée aux concerts de musique classique. Le chanteur et musicien en profite aussi pour souligner la richesse du black metal européen, évoquant les origines polonaises de Behemoth, grecques de Rotting Christ et norvégiennes de Satyricon.

Près de 1h20 après le début du concert, c’est avec l’excellent « O Father O Satan O Sun! » que Behemoth décide d’achever son incroyable et très beau show. Le groupe polonais quitte la scène de l’Olympia sans saluer la foule, mais sous les cris et les applaudissements de fans conquis. Au final, on ressort de ce concert véritablement bluffé par ce set sombre et lumineux à la fois, puissant et transcendant et assurément réussi. Mention spéciale également pour la qualité sonore !

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Setlist de Behemoth

  • The Shadow Elite
  • Ora Pro Nobis Lucifer
  • Demigod
  • The Shit ov God
  • Conquer All
  • Blow Your Trumpets Gabriel
  • Ov Fire and the Void
  • Christgrinding Avenue
  • Bartzabel
  • Wolves ov Siberia
  • Once Upon a Pale Horse
  • Christians to the Lions
  • Cursed Angel of Doom
  • Chant for Eschaton 2000
  • O Father O Satan O Sun!

 

Informations pratiques

Lieu

28 Boulevard des Capucines
75009 Paris 9

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